Interview – Obart

Oba Shola Akinlabi – OBART – 2020

Obart : Pour commencer notre entretien, voulez–vous vous présenter ?

Je m’appelle ABOU TRAORE, sculpteur-fondeur de bronze autodidacte. Je suis originaire d’une famille de forgeron et c’est de là que j’ai acquis les bases de mon savoir-faire. J’ai 60 ans, je suis marié et père de 4 enfants.

Obart : Quelle définition faites-vous de l’Art ? Et comment percevez-vous l’art contemporain ?

Au-delà de la dimension esthétique, je définirais l’art comme une vibration de mon être intérieur qui se traduit dans ce que je veux créer et montrer.
Je pense que l’art contemporain est une réalité de notre temps qui s’ouvre de plus en plus aux diverses horizons de notre monde actuel. Cependant, le marché de l’art africain contemporain reste encore difficilement accessible aux artistes africains vivants sur le continent africain.

Obart : Quand avez-vous su que vous consacriez votre vie à l’art ?

C’est lié à mes origines et depuis ma prime jeunesse, je ne me voyais pas faire autre chose que de devenir un artiste.

Obart : En tant qu’artiste, comment vous définiriez-vous ? Comment êtes-vous parvenue à la finalisation de votre empreinte ?

Il m’est difficile de me définir moi-même en tant qu’artiste. Mais je me suis engagé pour exprimer esthétiquement les valeurs qui me sont propres et contribuer à une culture universelle.
Mon empreinte est liée à la mythologie du masque africain et des origines de la création, dans l’univers traditionnel africain. Mon empreinte est donc liée à mon éducation, à mon vécu, à ma société et à une continuité de la transmission.

Obart : Quelles émotions vous stimulent ? Quelle est l’œuvre phare de votre création ?

Il faut dire que les émotions sont liées souvent à notre état d’esprit, ce qui peut nous influencer dans l’inspiration et dans l’acte de création. Mais je peux dire que les sentiments et la valorisation de l’homme et de la société prédomine dans mon travail.
Je ne peux pas parler d’une seule œuvre phare me concernant mais d’œuvres marquantes qui ont jalonnées mon parcours et elles sont trop nombreuses pour que je puisse n’en citer qu’une seule.

Obart : Quel est le regard porté sur votre travail par le public ? Par le milieu artistique ?

Le regard porté par le public sur mes œuvres ? La question est difficile. La tendance est de vous féliciter et de vous encourager.
Mais les avis de professionnels des arts et de certaines institutions sont encourageants en ce qui me concerne.